09.08.2009
Sylvain, l'enfant de la forêt
J'étais seul dans la forêt et je marchais. Je n'allais nulle part en particulier, content de suivre ce chemin rencontré au hasard, avec l'impression qu'il devait forcément mener quelque part.

De temps en temps j'apercevais de loin un animal, qui s'éclipsait aussitôt sans un bruit. J'avais la sensation que j'allais rencontrer quelque chose, quelqu'un. Oui, quelqu'un qui me surprendrait, et je n'allais pas être déçu.

J'avais lu des contes évoquant les elfes, les sylphides, les gnomes et autres esprits de la forêt, mais celui qui s'est présenté à moi ne ressemblait en rien à tous ceux-là, c'était juste un enfant.
Je ne sais ce qu'il faisait là, ni qui l'avait amené ici et sa présence me parut insolite. Je compris par la suite, que c'était un génie, bien qu'il n'en aie aucunement l'allure. En effet les génies, selon l'idée que je m'en faisais, étaient de ces personnes immenses, manipulant à leur guise les pouvoirs magiques, et sachant répondre à toutes les questions. Or Sylvain - c'était son nom – n'avait pas de réponses et seulement des questions. Il ne m'en posa qu'une mais elle fut redoutable : « et maintenant, au jour d'aujourd'hui, qu'est-ce qui te manque pour être heureux ? »
Il avait dit cela avec une telle innocence et un tel aplomb, que je lui fit la liste de tout ce qui me manquait. Habituellement les génies n'acceptent que trois veux, ils n'en veulent pas davantage, or celui-là m'écouta patiemment.
Je me lançais donc dans une longue énumération, et à chaque élément que j'ajoutais, il insistait pour en savoir davantage. Puis invariablement il demandait : « et si tu arrives à obtenir ce dont tu parles, seras-tu heureux ? ». Et c'est ainsi que de fil en aiguille, je continuais la liste.
Habituellement les génies exhaussent tous les veux au fil des demandes, mais lui se contentait d'acquiescer en hochant la tête, revenant toujours à sa question.
Au bout d'un moment j'en eus fini d'énoncer toutes les choses dont j'étais sûr de manquer, toutes les choses qui me faisaient souffrir, et toutes les choses qui me paraissaient indispensables. Pourtant je continuais la liste en rajoutant ce qui me paraissait utile.
Et quand j'en eus fini avec l'utile, je continuais avec l'agréable.

Au moment où nous arrivions dans une clairière, nous vîmes apparaitre une cabane qui semblait avoir poussé toute seule. Sylvain y entra et s'assit en plein milieu, alors je m'assis à côté de lui. En ayant terminé avec l'agréable, je me surpris à continuer encore en inventant des objets, des relations et des situations, auxquels je ne m'étais jamais intéressé.
Et je continuais ainsi, longtemps, entrainé malgré moi par je ne sais quel besoin impérieux, comme si la perspective du bonheur imminent me semblait redoutable.
Le génie fit mine de ne s'apercevoir de rien, se contentant d'écouter toujours aussi patiemment. Il n'avait même plus besoin de revenir à sa question rituelle, tant elle était ancrée dans mon esprit, revenant sans cesse comme un refrain.
Et moi tout en continuant, je ressentais comme un décalage : c'était comme si j'avais choisi le bonheur comme but ultime, mais qu'en même temps je rajoutais des obstacles afin d'éviter d'y parvenir trop vite.
Pourquoi ? Pourquoi cette peur de reconnaître que le bonheur est probablement là, tout près, à portée de la main ? Qu'il suffisait sans doute de tendre le bras pour le toucher, et là, tout à coup, j'ai croisé le regard de mon petit génie malicieux, et j'ai éclaté de rire !
Un rire sans raison, un rire de joie et d'éclats de bonheur, et nous avons rit tous les deux, emportés par je ne sais quel élan, comme si la vie en lui et la vie en moi ne faisaient qu'un, comme si les barrières de l'âge et les barrières de la logique, les barrières du connu et de l'inconnu, du passé, du futur, du vide et du néant, comme si toutes les limites éclataient face à l'évidence qu'il n'est pas nécessaire, d'une raison particulière pour rire aux éclats.
Et je me sentis... heureux.
J'en oubliais ma liste de conditions devenues inutiles à présent.
Alors nous avons dansé, au son d'une musique imaginaire. Et puis nous nous sommes quittés dans la joie.
Texte et photos : Régis
10:56 Publié dans 7 Histoires et contes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes, écriture, conte, enfants, écrire, été, vacances, évasion, bonheur, bien-etre
12.11.2008
Eternelle jeunesse...
Au pays de l'éternelle jeunesse :
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Mi-vagabond mi-globe-trotter, j’ai visité bien des pays de la Terre. J’ai vu l’Afrique et ses tribus, ses animaux magnifiques, la pauvreté de ses villages. J’ai vu la Russie et ses quartiers pauvres, la misère de ses taudis. Des villes immenses. Des métros bondés de gens pressés, des quartiers riches où de pauvres hères, le plus souvent estropiés, vivent de leur mendicité.
Et puis j’ai vu l’Inde légendaire, l’inde en pleine mutation, où se côtoient pauvres et riches, jeunes et vieux, gens incultes et gens instruits, fatalistes et ambitieux. J’ai rencontré des gens qui possèdent encore la sagesse d’autrefois : un maître de l’art théâtral, un maître de musique, et un maître de respiration archaïque.
Ayant remarqué ma passion pour les voyages, le maître de respiration m’a demandé : « voudrais-tu connaître le pays de l’éternelle jeunesse ? ». Très étonné, j’ai répondu que je n’en avais pas entendu parler.
Alors il a ajouté « tu devrais visiter le pays de l’éternelle jeunesse. Je vais t’expliquer où il se trouve ». Après avoir visité tant de pays où la vie est si difficile, j’avais très envie d’aller me ressourcer : le pays de l’éternelle jeunesse me semblait tout indiqué pour une halte durable, voir même pour m’y installer. « Mais avant cela, insista le professeur, je dois t’apprendre la respiration archaïque ».
En mon for intérieur, je me demandais en quoi cela pourrait m’être utile. Mais puisqu’apparemment, c’était une condition à laquelle il attachait de l’importance, je choisis de ne pas manifester mes doutes, et de prendre quelques jours pour suivre son enseignement.
C’était un excellent professeur, et sa technique était facile à suivre. En seulement deux jours il m’enseigna comment faire, et pendant les deux jours qui suivirent, il me laissa m’entraîner seul. Finalement je lui demandais : « est-ce je vais maintenant pouvoir partir au pays de l’éternelle jeunesse ? ». Il rit et me dit : « patience ! je vois que tu te débrouille pas mal. Encore deux jours, et ce sera parfait ». Je respirai donc deux jours de plus l’air de son ashram, assaisonné d’encens et de parfums épicés.
C’est le matin du septième jour qu’il revint me voir : « Tu vas maintenant pouvoir partir : je vais t’indiquer le chemin. Mais autant que tu le saches, les gens de là bas souffrent beaucoup, la vie n’y est pas facile ». Un peu surpris, je décidai néanmoins de faire mes bagages, et je partis sans me faire davantage de soucis.
En arrivant au pays de l’éternelle jeunesse, je n’y trouvai nulle trace de souffrance. Tout le monde était jeune et beau, les femmes étaient ravissantes. Tout le monde semblait souriant et gai, je n’eus aucun mal à me faire des amis. Quand je leur racontais, dans les soirées où j’étais invité, mes aventures de voyages, tous étaient intrigués. Ils me demandaient de décrire mes rencontres dans les détails. Parfois ils paraissaient touchés par toutes ces difficultés, auxquelles ils avaient toujours échappé : elles leur semblaient à la limite du supportable.
Quand je leur demandais quel était le secret de leur éternelle jeunesse, ils répondaient invariablement qu’ ils savaient prendre soin de leur physique. Qu’ils y portaient beaucoup d’attention, et bénéficiaient de toute l’expérience, des spécialistes de l’hygiène corporelle.
Parfois l’un d’eux ou l’une d’elle, ne venait plus aux soirées habituelles, et quand je demandais de ses nouvelles, on me répondait que c’était « pour se soigner ».
C’est seulement après un certain temps, que je remarquais que les absents, ne revenaient pas et que j’aperçus, de-ci, de-là, des regards gênés, des visages inquiets. Je repensai aux paroles de mon professeur de respiration archaïque : se pouvait-il réellement que les gens d’ici, souffrent secrètement ?
Je trouvai assez vite un studio et un petit boulot. Ce n’est qu’en y vivant, que je pus découvrir la culture de ce pays : culture du secret, culture de la beauté, culture physique de corps parfaits, de visages où toute ride devait être cachée. Alors je repensai à la vie de Siddhârta, dans le palais merveilleux de son père, là où tout était calculé pour cacher la misère. Se pourrait-il qu’ici aussi, existe un monde derrière le monde ? Un monde silencieux, un monde obscur, caché derrière de hauts murs, aux oubliettes de la cité ?
Et si les gens « partis se soigner » étaient simplement évacués derrière les murailles de quelque hôpital secret ? Un jour que nous parlions philosophie, avec quelques amis, je me décidai à poser la question qui depuis longtemps me brûlait les lèvres. Prenant mon courage à deux mains, je risquai : « puisque vous avez le secret de la jeunesse, avez-vous aussi celui de l’immortalité ? »
Qu’est-ce que j’avais pas dit ! Les visages se sont fermés : Regards consternés, mâchoires serrées, la discussion cessa sur le champ. Jamais je ne fus plus invité dans les soirées : évidemment j’avais dû prononcer un mot tabou. Certainement, tout ce qui faisait penser à la mort, et même son contraire, devait être tenu secret…
Je mis très longtemps à me refaire des amis. Dans toute la bonne société on se méfiait de moi : j’étais une personne imprévisible ! Je pouvais en pleine réunion amicale, dire une énormité et fiche par terre, l’ambiance festive de laquelle il ne fallait évidemment jamais se départir.
Mes nouveaux amis étaient tous des gens présentant quelque particularité hors norme. En fait, des êtres de seconde zone. Certains n’étaient pas très riches, d’autres pas très bien habillés, d’autres un peu provocateurs. Tous avaient plus ou moins été écartés des soirées mondaines. Avec eux les relations étaient plus faciles, même si je devais encore mesurer mes paroles, certains d’entre eux étant très sensibles. Ce qu’il y avait de bien en tous cas, c’est que même après une première réaction parfois épidermique, jamais ils ne gardaient de rancune.
C’est ainsi que je les appréciais, à leur contact je compris la réalité des choses : si l’on voulait survivre ici, il fallait s’engager dans une course à la perfection, et y jeter toutes ses forces. Le bronzage en été, le ski l’hiver, étaient des formalités incontournables. Dépenser son argent en soirées, vêtements et victuailles, préparer les ripailles dans les moments de Noel, c’était là un minimum indispensable. Toute l’année la chasse était ouverte, la chasse aux rides, la chasse aux cheveux blancs, la chasse aux signes de faiblesse, de vieillesse ou de paresse. Seul l’embonpoint était toléré, un peu moqué, mais toléré tout de même _pour le sexe masculin uniquement_ en raison du symbole de réussite qu’il représentait.
Après quelques temps je remarquais des signes de fébrilité, au sein de cette société. Je remarquai que les gens s’agitaient, et pas forcément pour un résultat. Parfois ils travaillaient comme des forcenés, rien que pour selon eux « ne pas s’ennuyer ». Ils avaient horreur de l’inaction parce que disaient-ils, ça les faisait « gamberger ».
Je savais bien à quoi ils gambergeaient. Mais amis me l’avaient dit, il y a un autre monde caché derrière les murs de la cité. Un monde à côté duquel même mes amis, pourtant citoyens de seconde zone, auraient paru privilégiés. Derrière les murs de la cité, il y avait tous les gens qu’on désirait cacher, parce qu’ils n’avaient pas réussi à se maintenir dans cette course folle, la course à l’éternelle jeunesse. On disait qu’ils étaient bien soignés, pour ce qui est des soins corporels, mais qu’en revanche ils souffraient d’avoir été écartés de leur vie habituelle. Et que le personnel, pour éclairé qu’il soit au niveau technique, n’avait aucunement le temps de se mettre à l’écoute de leurs plaintes.
Mes amis aussi, cédaient parfois à la panique. Une angoisse sourde et contagieuse, qui m’atteignait à moi aussi. Elle survenait le plus souvent la nuit, à l’heure où tout le monde s’est endormi, et où on se retrouve face à face avec soi-même. C’est alors que je me souvins des paroles de mon maitre de respiration archaïque et je décidai de me remettre à sa technique. A ma grande surprise je m’aperçus que cette respiration, calmait miraculeusement l’angoisse…
J’en fis part à mes amis : quelques uns acceptèrent de me croire. Mais ils n’avaient pas toujours la patience de persévérer assez longtemps, pour que ce soit efficace…
Alors j’utilisai la respiration archaïque pour moi-même… C’était un bon antidote à l’angoisse. Pourtant au bout de quelques temps, je m’aperçus que la technique à elle seule ne suffisait pas : l’angoisse disparaissait, puis revenait. Elle disparaissait, puis revenait. Néanmoins elle était devenue supportable, et je savais que je n’aurais plus à la fuir. Peu à peu j’arrivai à la regarder en face. Je m’aperçus qu’elle arrivait sous forme d’images, de mots défilant dans ma tête, et aussi de sensations d’inconfort.
Je me souvins de cette parole touareg : « Au loin je vis une silhouette et je pris peur, pensant que c’était un fauve. Mais quand la silhouette s’approcha, je vis que ce n’était qu’un homme. Et quand elle s’approcha encore, je vis que c’était un ami ».
Je me dis que si l’angoisse revenait sans cesse, c’est qu’elle devait bien avoir une fonction. Après tout si l’on en croit Darwin, l’évolution des espèces élimine sans coup férir, tout ce qui est inutile à la survie.
Alors quand me revenait un scénario catastrophe, je commençais par activer la respiration archaïque pour me calmer, et puis je regardais le film… Je me voyais sur l’écran, de l’extérieur, me débattre dans telle ou telle scène imaginaire. Des scénarios concernant le plus souvent, des événements à venir : à quoi tout cela pouvait-il bien servir, sinon à éviter le pire ?
Alors je me mis à regarder les scénarios, à les suivre jusqu’à leur terme. Parfois je déroulai le film à l’envers, je changeai quelques détails, et je relançais le film pour en observer les conséquences... Comment faire dans tel cas ? Et dans tel cas ? Et dans tel autre cas ?
Peu à peu les angoisses sont devenues mes amies. Quel magnifique système de prévention ! C’est comme d’apprendre à piloter sur un simulateur de vol. Le système vous dit : « et si vous n’avez plus de kérosène ? Et s’il y a un pirate dans l’avion ? » A chaque fois il vous laisse le temps de réfléchir. Vous devez trouver une solution, puis réagir. Quand vous devenez très très bon, le système passe au niveau supérieur : « Et si vous n’avez plus de kérosène, qu’il y a un pirate dans l’avion, et qu’il vous demande de faire un détour par Honolulu ?»
Il y a toujours un moment où le système automatique de prévention du pire vous pose un problème insoluble. Après tout c’est son métier de prévoir le pire. Un moment donné il vous dit : « Et quand tu vas mourir, tu feras quoi, après ? ». C’est à cause de cette question-là, qu’au pays de l’éternelle jeunesse, on peut pas s’en faire un ami.
Au pays de l’éternelle jeunesse, on hait le système de prévention du pire. On cherche par tous les moyens, à le faire taire.
En fait, j’avoue que cette question m’a déstabilisé aussi. Sur le moment je n’ai rien pu répondre. « Et quand tu vas mourir, tu feras quoi après ? ». Je ne savais comment répondre à cette devinette, alors le système automatique de prévention du pire, se faisait un malin plaisir, de venir me la resservir. De préférence la nuit évidemment, au moment où j’avais le temps de réfléchir …
Un jour cependant, je tombai accidentellement sur la réponse d’Einstein à un journaliste. A la question « est-ce que vous croyez en Dieu ?», Einstein répondit : « dites moi d’abord comment vous définissez Dieu, ensuite je vous dirai si j’y crois». Et là, c’est le journaliste qui resta coi.
Holà, me dis-je, mais je tiens la réponse magique ! Le soir même, lorsque mon système infaillible de prévention du pire se pointa devant moi, je lui dis : « c’était quoi ta question déjà ? ». Alors sans hésiter, il déroula sa mécanique : « Et quand tu vas mourir, tu feras quoi après ? »
« Dis moi d’abord ce qui se passe après la mort, je te dirai ce que je ferai alors. »
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Note : La personne qui raconte l'histoire est bien sûr un personnage imaginaire. Cette histoire est partie d'un rêve, que j'ai fait voici quelques mois. Je marchais dans une forêt, traînant un boulet enchaîné à la jambe... Le boulet se faisait de plus en plus lourd à mesure que je marchais, et de plus il s'accrochait aux buissons et aux racines. Alors je me retournai et vis que c'était un boulet carré : Je m'accroupis pour le voir de plus près, c'était en fait une caisse à outils... Avec une étiquette sur laquelle il était marqué : "ANGOISSES". Et quand j'ouvrai la caisse à outils, je vis des clés étincelantes... Régis
Angoisses, mode d'emploi : Que faire concrètement, lorsqu'arrive une angoisse ? C'est le sujet de l'article suivant : Cliquer ici >>>>>
15:31 Publié dans 7 Histoires et contes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes, écriture, écrire, psycho
13.10.2008
Une solide petite graine
Une solide petite graine Pour écouter cliquer ici
Il était une fois une petite fleur qui vivait en ville au milieu de nulle part. Elle se sentait petite et impuissante. La pluie l'arrosait rarement, et sa santé était fragile : elle se sentait toute souffreteuse.
Tout mouvement lui était interdit, tant le béton l'oppressait. Elle avait envie de mourir, mais n'y parvenait pas.
Or la nuit pendant son sommeil, sans qu'elle ne se doute de rien, une goutte de rosée parvenait jusqu'à son visage, la rafraîchissant et la nourrissant secrètement.
C'est ainsi qu'insensiblement, la petite fleur grandissait.
Vint un jour où l'une de ses maigres racines, parvint à trouver une fissure. A la moindre ondée ou même, dès que la brume du matin franchissait le seuil de l'aube, la petite racine progressait en secret à l'intérieur de sa fissure protectrice qui peu à peu, devint un peu plus large.
La croissance était si lente, que personne ne se soucia d'elle pendant de longues années. La petite plante n'était pas bien fière, car les gens passaient près d'elle sans même la voir ni la saluer.
Un jour d'été, arriva un homme épuisé. Il semblait avoir beaucoup marché, elle eu pitié de lui et le couvrit de son ombre. Alors l'homme sourit et leva le bras vers la première branche. Avec une grande douceur, il attrapa un fruit, le porta à sa bouche, et ria de bonheur.
Et c'est ainsi qu'elle réalisa, qu'elle avait un ami.
Pour écouter cliquer ici
Pour envoyer cette histoire à un ami, envoyer par mail le lien suivant :
http://regis-pnl-coaching.blogspirit.com/archive/2008/09/27/une-solide-petite-graine.html
Note : Cette métaphore a été écrite en réponse à un appel au secours sur un forum anti-dépression. Elle répondait à l'appel d'une personne souffrante de l'incompréhension de ses collègues de travail, dans une administration où le réglement est très rigide.
Stage de gestion des émotions, Marseille : cliquer ici
Autres documents sonores sur ce site : Colonne de gauche, des histoires, pour dormir le soir...
19:59 Publié dans 7 Histoires et contes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes, actualités, ecrire, ecriture, psy, psycho, psychologie
01.09.2008
Rentrée des classes : Lettre à un ado
Un petit conte, pour un ado que j'aime beaucoup... (cliquer ici pour écouter)
Salut, toi !
Je t’écris depuis la planète Avenir, où je me suis rendu pour savoir, si elle est habitée et pour connaître, les avantages et les inconvénients, et la mentalité des gens, mesurer la température du temps...
Et l’on m’a dit là-bas, que les temps étaient changeants, des orages éclatant par moments, sans qu’on puisse savoir où et quand... mais que néanmoins globalement, malgré les éclairs, et le son du tonnerre grondant dans le lointain, il y avait moyen, de tirer son épingle du jeu et même, de vivre confortablement.
Seulement les règles qui s’appliquent là-bas, ne sont pas exactement celles d’ici-bas, et il est vrai qu’avant de s'y aventurer, il est des choses qu’il faut bien connaître...
Il est vrai qu’il faut travailler huit heures par jour, minimum.
Et pour gagner un minimum, il faut avoir des diplômes, maximum.
Et pour gagner ses diplômes, il faut faire des études, sinon : décrépitude.
« Quand t’as pas la monnaie, décrépitude assurée », c’est ça la loi de la rue, malheur aux vaincus !
Alors ils font tous la course, là-bas, pour des petits bouts de papier, sur lesquels on peut voir marqué : « C’est toi qui sait », même si c’est pas vrai.
C’est comme, tu vois… les courses de chevaux, à Sienne, en Italie, pendant les fêtes du Palio, où il y a des chevaux, des fleurs et des drapeaux.
Mais là c’est tout le monde qui court, à pieds, à cheval ou en voiture, les chevaux, les lapins et les tortues, les chats, les chiens et les souris, tout le monde court, c’est la fête…
Et cette fête dure longtemps, plusieurs mois, plusieurs semaines, c’est une course d’endurance, une course de fond.
Alors, il y a ceux qui s’arrêtent au bord du chemin, pour dormir, et puis qui repartent. Il y a ceux qui rêvent aussi, qui rêvent qu’ils courent mais qui ne courent pas ! Et puis il y a ceux qui ne faiblissent pas.
Souventes fois dans les temps anciens de la planète Avenir, on a entendu courir, la rumeur d’une certaine fable de la fontaine, murmurant au fil du temps, qu’il était une fois un lièvre qui courait plus vite que le vent, du moins c’est ce qu’il croyait, durant le temps qu’il rêvait...
Le rêve oui le rêve, tel est le piège aussi pour le conducteur qui rentre la nuit et qui rêve, qu’il négocie parfaitement son virage, alors que la voiture en fait continue tout droit et qu’il dort, inconscient de ce qui lui arrive ! Comment sortir de ce piège, quand on dort il est trop tard !
Peut-on sortir de ce piège sinon en déroulant le film à l’envers, pour savoir comment on s’est fait piéger par le sommeil ?
Avoir son compte de sommeil avant de prendre sa voiture, c’était peut-être ça la solution…
Avoir son compte de sommeil, oui, c’est ça qui compte, dans une course de fond où la capacité de récupération, compte autant que l’effort.
Avoir une vie saine et régulière, avec du repos et des repas aux étapes, c’est ça qui compte, m’ont dit les gens de là-bas, pour faire de la course une fête, avec des chevaux, des fleurs et des drapeaux. Sinon ce n’est que pleurs et grincements de dents, efforts laborieux et souvent vaincs, énergie désespérée comme vagues se brisant sur le rivage.
Pour en avoir le cœur net, et connaître les coutumes de cette planète, avant de revenir ici dans le présent, ici et maintenant, je m’en fus voir un vieux sage.
Il habitait dans la montagne au-dessus de la mer des nuages, et nonobstant son très grand âge, il avait les yeux clairs et le regard portant loin. Si bien que les gens des parages, avaient coutume de dire, qu’il pouvait prévoir le passé aussi bien que l’avenir.
En arrivant je lui ai dit : « les gens de la Terre redoutent l’Avenir, ils ont peur du chômage, de la fin du pétrole, de la pollution grandissante et du réchauffement climatique ».
Le vieux sage m’a répondu : « Crois-tu que le passé soit plus facile à vivre que l’Avenir ? Si on inversait le sens du temps, et que tu doives affronter la guerre de cent ans, crois-tu que ce serait plus facile ? ». Et il ajouta : « tes parents et tes grands parents, n’ont-ils pas dû subir deux guerres mondiales et une guerre froide, avec suffisamment de missiles, pour faire éclater ta planète, au cas où quelque imbécile, eu appuyé sur le bouton ? »
Je dus admettre qu’il avait raison, les temps n’ont jamais été faciles. Mais je protestai tout de même : « Oui mais j’entends dire partout, que la lutte de classe fait rage, la mondialisation, n’étant pas à l’avantage, des plus démunis d’entre-nous ».
« L’oppression de l’homme par l’homme, me dit le vieux sage, a toujours existé, même très loin de par le passé ». Je dus admettre que c’était vrai.
« Mais alors lui dis-je, pourquoi est-ce que tous ces braves gens, ces visionnaires et ces savants, nous parlent toujours de l’avenir, en termes qui nous font frémir ? »
« C’est parce qu’ils ne sont jamais venus ici, me dit-il, et si tu veux mon avis, c’est ainsi qu’ils se donnent du courage : en faisant frémir les autres ils se donnent l’illusion, d’être par comparaison, courageux et prévoyants. »
« Vous y allez un peu fort lui dis-je, tout de même, ils le font dans une bonne intention ! »
« Oui mais ont-ils des solutions ? » me dit-il. Je dus admettre qu’ils n’en avaient pas.
Le vieux sage demanda : « S’ils sont animés de bonnes intentions, comme ils le disent, alors pourquoi parlent-ils tout le temps de problèmes, et jamais de solutions ? »
Devant mon silence il ajouta : « L’humanité depuis toujours, a eu le courage d’inventer. Ces philosophes et ces savants, et tous ces gens, spécialement intelligents, est-ce que leur métier, c’est pas d’inventer justement ? »
Puis il termina en ces termes : « Il y a plusieurs planètes nommées Avenir. Tu n’en a vu qu’une, il y en a de plus tristes, et aussi de plus gaies. Sur certaines, les habitants ont choisi le bonheur pour but. Sur d'autres ils ont choisi le pouvoir. Tout dépendra de ce que feront tes enfants, et les enfants de tes enfants. A chaque génération il est demandé de faire un peu plus, un peu mieux, un peu plus parfait. »
« Mais comment donc nos enfants pourront-ils faire mieux que nous ? » lui demandais-je.
Le vieux sage répondit : « Parce qu'ils idéalisent leurs parents, les jeunes enfants apprennent rapidement : c'est surtout par mimétisme qu'on apprend. Je me suis laissé conter, par un de mes amis renard, une assez curieuse histoire. Deux petits renardeaux, dégourdis et rigolos, se moquaient toujours de leur mère, de leur père et de leur grand-père. Ils préféraient batifoler, jouer à leurs jeux préférés, plutôt que d'observer, ce que les grands faisaient. Ils préféraient imiter leurs voisins, leurs copains et leurs cousins, et ne surent jamais vraiment bien chasser ».
Il reprit : « Si vos enfants sont capables de voir plus loin que vous, c’est parce qu’il sont assis sur vos épaules. Soyez reconnaissants envers les générations passées : ce sont elles qui vous soutiennent. Envers les générations futures soyez confiants, et si vous les aimez vraiment, alors soyez exigeants : car c’est lorsque vous placerez la barre très haut, qu’ils donneront le meilleur de leurs talents».
Et c’est ainsi que je revins de la planète Avenir, non pas sens dessus dessous, mais plutôt... sans soucis.
Régis,
pour Enzo, 12 ans
Vous pouvez écouter cette histoire en cliquant ici >>>>>>>>
Votre avis : Au-delà de cette histoire, quels sont à votre avis les repères, qui permettraient à la jeunesse se sentir mieux armée et plus sereine face à l'avenir ? Quelles sont vos solutions à vous, pour aider les ados à se motiver ?
Merci pour vos commentaires...
10:15 Publié dans 7 Histoires et contes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : femmes, femme, école, actualités, psy, psycho, rentrée




